Excellent à San Siro, l'OM aura aussi été malheureux. Une barre et un poteau en 2e période auront privé les Olympiens d'un exploit mérité.
1-0 : Borriello (10e)
1-1 : Lucho (16e)
Tenir tête à Milan chez lui n'est pas rien. Avoir malmené les Rossoneri au terme d'un match « fortissimo » valaient bien les fiers applaudissements des 4 200 supporters ciel et blanc à la fin du match. Longtemps après que San Siro se soit vidé, ceux-là chantaient encore à la gloire de leur équipe. Il y a fort à parier que dans les bus qui les ont depuis ramené à Marseille, on rouspéta aussi, plus tard, après les occasions ratées et les points envolés.
Car, c'est une certitude, les Marseillais peuvent aussi se mordre les doigts de ne pas s'être imposés mercredi soir. Il y avait « la place », comme on dit. Avec un succès, les chances de qualification (avec la victoire du Real 1-0 contre Zurich) auraient été conséquentes. Elles n'ont pas complètement disparu. Car, dans quinze jours, ce Milan n'a pas encore gagné à Zurich. Et cet OM peut battre Madrid.
Il n'y a là aucune sorte de forfanterie. L'équipe de Didier Deschamps a une nouvelle fois montré qu'elle avait la peau plus épaisse que sa position de 3e du groupe C ne le laisse penser.
Quand bien même a-t-elle manqué son entame de match. On a craint le pire, avouons-le. Dans le vacarme assourdissant de San Siro, Zambrotta a bien failli rapidement balayer tout ce que le coach marseillais avait préparé. Mais Mandanda retarda l'échéance... de quatre minutes. De l'autre côté du terrain et après un ballon perdu, Borriello éliminait tout en finesse Heinze avant de placer le ballon entre les jambes du portier. Et la curva sud de rugir. Et le camp olympien de sérieusement s'inquiéter.
La formation marseillaise aura eu le grand mérite de reprendre vite ses esprits, ses fondamentaux... et d'égaliser. A la 16e minute, Niang déboulait dans le couloir et contraignait Dida à repousser son centre comme il le pouvait. Mal en l'occurrence, puisque dans les pieds de Lucho qui ne manquait pas la cible (1-1).
S'en suivait une glissade de bonheur de l'Argentin, sur fond d'allégresse sonore marseillaise, et des regards circonspects dans les gradins de Giuseppe Meazza.
Car peu à peu, la poigne fut plus française qu'italienne. Même si le danger, sur des ballons en cloche mal appréciés par la charnière olympienne, n'était pas complètement écarté.
Quand Milan variait son jeu, et passait du ras de terre aux airs, le 4-1-3-2 de l'OM paraissait tout à coup plus friable. Mandanda dut ainsi encore s'interposer.
Mais grâce à une bonne utilisation du ballon de Lucho et Abriel, ainsi qu'un bon pressing (notamment par Cissé) exercé sur les deux rampes de lancement, Seedorf et Pirlo, les Phocéens étaient au moins aussi intéressants dans le jeu que leurs hôtes. Tant et si bien que l'exploit n'était pas hors de portée à la pause.
Mais parce qu'ils évoluaient sur leurs terres, et qu'une victoire aurait acté leur qualification, les Milanais montèrent davantage le volume à l'attaque de la deuxième période. Une vraie poussée de fièvre due à Ronaldinho.
L'OM faisait vite retomber sa température, et donnait même à son tour des suées à son adversaire, avec une action rondement menée. Apportant le surnombre, Cissé lançait Niang sur le côté. Le centre de celui-ci était un cadeau, avec paquet et ruban. Mais Brandao, face au but, tapait la barre.
Avec les entrées de Koné (à la place de Lucho) puis en fin de partie de Morientes (pour Niang), Didier Deschamps affichait clairement sa volonté. Et si Borriello manquait une balle de match, de la tête, la meilleure occasion était encore olympienne. Avec une déviation de Diawara sur le poteau de Dida. On comprit alors que la balance resterait bien calée au centre. Sans pointer de vainqueur.
Dans deux semaines, à moins de battre Madrid 3-0, il faudra non seulement s'imposer (sur n'importe quel score) contre les « Merengue » mais aussi que Zurich accroche (nul ou victoire) Milan en Suisse pour atteindre les 8es de finale de la Champions League. Pour la Ligue Europa c'est déjà mathématiquement fait. Mais tant qu'il reste une chance de forcer les portes de la C1...